Les herbes folles s’emballent à ses pieds au rythme du vent tourbillonnant qui la force à toujours garder une main devant les yeux. La lune brille timidement dans le ciel bleu nuit sans étoile qui tapisse le sol d’une teinte ténébreuse. L’air est lourd, humide, suffocant C’est ce manque d’air qui la force à arrêter sa course, bien plus tôt qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle sait que cette pause, aussi courte soit-elle, peut être dangereuse, voire fatale. Mais cette pause, aussi courte soit-elle, est nécessaire, inévitable. Elle stoppe sa fuite devant un roumballer entamé, emprisonné dans une cage métallique informe. Un éclair frappe le sol au loin, et la vive lumière lui donne l’impression d’être face à un épouvantail éventré, qui tente désespérément de remettre ses tripes en place. J’hallucine. Il a bougé là. Non, c’est pas possible. Et le vent ne peux pas avoir assez de force. T’as la berlue ma fille.